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Maurice Papon : 1910 - 2007
Maurice Papon connaissait bien les colonies pour y avoir exercé un ceratin talent dans la répression des révoltes locales : Secrétaire général du protectorat marocain, avec rang de préfet hors-classe, entre juin 1954 et 1955 puis superfréfet de Constantine entre 1956 et 1958, Maurice Papon était au coeur de l'agitation nationaliste et tiers-mondiste qui avait cours non seulement au Maghreb mais aussi en Afrique, en Asie. Son anticommunisme et l'emergence du mouvement des non-alignés le confrontait dans son angoisse sur l'avenir d'un Occident qu'il voyait de toute part assailli et devant faire face non seulement à l'URSS mais aussi à « l'éveil de peuples nouveaux ou le réveil de peuples anciens ou assoupis. »
Les militants marocains de l'Istiqlal seront les premiers à faire connaissance avec les méthodes de Papon. Des milices "contre-terroristes" sont constituées et séviront contre les militants indépendantistes et même contre leurs sympatisants Européens. Ils bénéficient du soutien de l'administration protectorale et même, disent certains, d'officines des services secrets français dont la fameuse Main Rouge, "la machine à tuer des services secrets français" (Roger Faligot et Jean Guisnel, Histoire secrète de la Vème République).
Prefet de police à partir de 1958, au moment de la guerre d'Algérie, Maurice Papon était le principal artisan de la répression de la manifestation des Algériens de France le 17 octobre 1961 puis celle du 8 février 1962, connue sous le nom de l'affaire du métro Charonne.
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La guerre sans nom dans Paris
Une nuit d'octobre 1961
Aude Touly
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